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Beckett a produit des foirades, des mirlitonnades, des pochades, des dramaticules, autant de genres hybrides, de textes pour rien et de « beckettises » qui montrent qu'il joue des médiums, et efface les frontières entre les genres : son écriture est à la fois chorégraphie, film, dévidage d'un texte, fabrique d'une image, théâtre de la parole, et son discours superpose la philosophie, la physique, la géométrie, la biologie, la poésie, le métalangage. En ce sens, Beckett se situe au cœur des réflexions modernes sur les médiums en redéfinissant à tout moment le sien : texte et image ne sont jamais chez lui ce qu'ils auraient pu être. Sa prose comme ses expériences « médiatiques » (on pensera à Quad et autres pièces pour la télévision) proposent une communication ad libitum et dans tous les sens, à l'endroit comme à l'envers, un enchaîneme...
« Le Fou, la forme creuse du Fou est traversée par la mémoire de tous. La tête-passoire traversée par la mémoire du tout, est ici incorporée aux murs. » (La Femme du Gange, p. 148) Au cinéma, Duras crée une forme creuse. A travers quelques séquences du film Son nom de Venise dans Calcutta désert, nous nous proposons d'étudier ce processus de destruction du texte par le film, d'oubli du texte et d'oubli de l'image par le texte (« je suis dans un rapport de meurtre avec le cinéma. J'ai commencé à en faire pour atteindre l'acquis créateur de la destruction du texte. Maintenant, c'est l'image que je veux atteindre, réduire. J'en suis à envisager une image passe-partout, indéfiniment superposable à une série de textes, image qui n'aurait en soi aucun sens, qui ne serait ni belle ni laide, qui ne prendrait son sens que du texte qui passe sur...
L'originalité de la poésie de Guy Goffette tient en partie au fait que l'image y est souvent imagerie. Guy Goffette, enlumineur, imagier, illumineur, nous paie en petite monnaie d'images, en puisant volontiers à une source d'images accessibles au plus grand nombre, à un univers visuel familier - dont la cuisine de province est un exemple - composant souvent des sortes de vignettes, en style fruste, avec une économie de moyens, comme Bonnard lisant « La Fontaine, qu'il n'a pu s'empêcher d'illustrer de petites vignettes cocasses sur son vieil exemplaire ». Goffette écrit souvent des vers de mirliton qui réussissent pourtant cette gageure de nous accrocher, de nous combler, de nous laisser « comme deux ronds de flan », malgré leur air de rien. De fait - pour la plus grande jubilation du lecteur - le poème est un capharnaüm comme la maison...
Loin de constituer une part mineure de l'œuvre de Char, son « théâtre de verdure » permet de s'interroger sur la relation entre la poésie et le théâtre et révèle particulièrement que la scène est un miroir de concentration des thèmes, formes, structures de la poésie charienne. La poésie tendue de René Char passe très bien la rampe et prouve même son efficacité comme écriture du conflit dramatique. En 1948, à la mort d'Artaud, Char lui rend hommage en ces termes : « Tu n'as pas besoin d'un mur de mots pour exhausser ta vérité ». Plus tard, il réaffirme cette réticence à l'égard du discours, à propos de Victor Hugo, « barnum hâbleur » : « Sur sa silhouette géante, on baye, on admire, on pouffe, on se fâche, on tempête, on se déclare pour la pantomime ». Justement, il s'agit d'une part d'envisager la pantomime comme incarnation et animati...
Le « gisant », qui a motivé le rapprochement de Char et de Deguy - qui rend souvent hommage au premier -, est chez ces auteurs à la fois une personne et une forme littéraire : on écrit un gisant. D'abord, la scène d'agonie ou la vision du mort constituent une scène originaire fortement intériorisée par le poète et qui recouvre la perception du réel, qui fait office de comparant et impose une vision du monde mélancolique. La représentation endeuillée précède la perception du réel. Mais quand le sujet lyrique donne ainsi son énergie au mort, c'est « donnant donnant » (Michel Deguy) et le tombeau littéraire devient berceau du poème. La défiguration à l'œuvre dans le texte rend possible une autre figuration : le poème s'élabore dans le processus même de lente décomposition d'un corps, d'une figure (père, épouse). Les motifs composant la sc...
A partir des années cinquante, accompagnant des peintres issus de l'abstraction, notamment Rauschenberg qui développe la méthode d'« interlooking », des écrivains français interrogent la nature optique de l'écriture narrative et semblent vouloir retrouver l'origine de l'image, penser la légitimité de celle-ci dans le récit et son rapport avec la diction. On n'écrit et l'on ne dit peut-être qu'à la condition de ne pas voir. Ces écrivains, notamment des écrivains de m(M)inuit, comme Beckett, Duras ou Simon, revendiquent une écriture qui part à l'aveuglette, qui progresse à tâtons, parce qu'elle met en place un dispositif qui court-circuite en permanence la vision et la continuité de l'image, en les recouvrant par le discours, en affichant la matière même de l'écriture, le support verbal, la rhétorique. L'entrevision est solidaire d'un en...
Cela n'a rien à voir avec l'art, si nos souvenirs des œuvres que ces textes évoquent sont bons : pour ne pas s'ennuyer, il faut lire ces textes de Char sur l'art comme autre chose que des écrits sur l'art. Ces textes posent alors la question de la validation du discours : s'il sont disqualifiés du point de vue cognitif, théorique et documentaire, sur quel plan sont-ils qualifiés, pour nous attacher, pour que nous ne nous en détournions pas ? Peut-être dans la mesure où justement Char fait œuvre d'art à leur propos, où il prend appui sur un dispositif visuel que l'on ne saurait effacer mais qui est toujours au contraire en ligne de mire, et ce afin de préciser le dispositif textuel et la relation de ce dispositif avec la visibilité – qui n'est pas exactement le visible, mais une intention du visible, une production de visibilité. La par...
Notre intervention envisage la confluence du texte de Duras avec les courants de pensée contemporains orientés vers les sciences cognitives. Cette contribution aux études durassiennes tente une approche cognitive de la notion d'image, dans cette écriture où l'image est primordiale. Cette communication cherche à définir le rôle de l'image dans les mécanismes cognitifs et dans l'élaboration de la pensée. Une question cruciale est de savoir si on peut penser sans représentation, hors de la représentation ? Peut-on penser sans le recours aux images ? Quel est le statut de l'image dans la cognition (travaux de Michel Denis) ? L'image est-elle bien un instrument de figuration de la signification, un instrument cognitif ? On interrogera donc le passage du visuel à l'idée. Comment le cerveau de Marguerite Duras fonctionne-t-il ? Comment la réa...
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